La fiction comme reflet de la réalité
II)- Une fiction liée à la question du Nazisme.
b)- Une anticipation.
a)- Une métaphore du mal nazi.
En 1931, lorsque Fritz Lang réalisa M le Maudit, 107 députés nazis étaient déjà élus. Nous pouvons voir, à travers ce film, ce danger politique. De plus, au départ, Fritz Lang avait intitulé son film 'Les Assassins sont parmi nous' mais les nazis s'étaient sentis visés, du coup il avait dû transformer le titre. Par la suite, des scènes du films ont été censurées. Enfin, une fois Hitler au pouvoir, Goebbels, ministre de la Propagande, l'a interdit alors qu'à la sortie du film il avait parlé du film comme étant un appel au rétablissement de l'ordre, à la justice impitoyable.
En effet, le personnage de M, joué par l'acteur Peter Lorre, est une forme de représentation de l'Allemagne dans les années 30 et de tous les maux qui l'affligent pour au moins deux raisons : seul, traqué et stigmatisé par la communauté, ce protagoniste peut représenter la communauté juive. Comme elle, il est rejeté par la société qui se ligue contre lui pour l’empêcher d’exister. Comme elle, il est perçu et présenté comme nuisible.
Par ailleurs, ce personnage à double identité, est à la fois un petit homme discret, et apparemment sans histoire et un “monstre” coupable de crimes sordides, poursuivi par des démons intérieurs. Il est inquiétant, méprisable et pathétique à la fois. Il présente donc également certaines similitudes avec Hitler.


Hans Beckert, le meurtier
Nous pouvons voir ici que le meurtrier est seul contre tous.
On peut aussi interpréter M le Maudit comme une annonce des rapports de pouvoir dans l'Allemagne à venir. En effet, la criminalité nazie est présente dans ce film, représentée par la pègre. Fritz Lang montre une période où l'autorité légitime est remise en cause. Ainsi, le personnage de Schranker et ses hommes, attrapent le meurtrier plus rapidement que la police. Schranker est le chef des brigands, mais il veut rendre la justice lors du jugement final. Il prétend rétablir l’ordre dans la ville de Berlin, et rendre la justice au nom du petit peuple berlinois. Tout comme Hitler prétendra incarner le peuple. Par ailleurs, le groupe des brigands qui constitue une véritable organisation parallèle. peut être rapproché du parti et du régime nazis dont les crimes, souvent cachés, camouflés (les plus terribles des ordres ne furent pas écrits) , sont ceux de voyous arrivés au pouvoir.
C'est aller loin dans l 'interprétation du film mais l'image ci-dessous suscite cette réflexion.
