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a)- Les conséquences de la crise

   Au sortir de la première Guerre Mondiale,  l'Allemagne se trouve en difficulté économique. Ce pays devient alors politiquement et socialement  instable. En effet, dans les années  1920,  l'Allemagne est  écrasée sous le poids de l'inflation.  Effectivement, à cette période là,  la monnaie allemande  perd  de son pouvoir d'achat ce qui se traduit par  une  augmentation  générale  et  durable  des  prix.  Cela  provoque  l'éclatement de la société allemande.  La famine s’installe un peu partout, des émeutes éclatent. La République de Weimar semble alors menacée. On peut également  noter  une  libération  des  mœurs  et  une  diminution  des  valeurs  bourgeoises.  En  revanche, la vie intellectuelle et artistique est alors relancée.

 

   Ensuite,  dans   les   années  1930,  la  crise  née aux  États-Unis  se  propage  en Allemagne . En Allemagne, elle connaît son  apogée  en  1931.  Les  conséquences  sociales  sont  très  importantes.  Le  niveau  de  vie baisse , la population  est  dans  l’angoisse  de ne pas trouver de travail. Les banques ferment car les ménages retirent leurs économies.  Le marché du travail est  très mauvais  avec plus de 6 millions de chômeurs.  Cette situation  favorise la  diffusion de la propagande nazie et entraîne des troubles  et des violences politiques.

 

   Le  gouvernement  semble de plus  en plus   impuissant,  ce qui le  rend  encore  plus  impopulaire.  On voit alors apparaître  un  renouveau  de  la  droite,  favorisé  par  un  manque d’enracinement des valeurs démocratiques. En 1933, Hitler est alors nommé chancelier.

 

   C'est dans ce contexte  avant  la prise  de pouvoir par  Hitler que le film  M le Maudit  fut  réalisé. Cette œuvre est imprégnée de ces doutes et de cette peur.

b)- Psychologie sociale et psychologie des foules

   Dans  M le Maudit,  Fritz Lang nous démontre que dans la fiction  comme dans la réalité , les gens sont de plus en plus  craintifs  les uns envers  les autres  car tout le monde pourrait être coupable. Dans le film, tout le monde peut accuser et peut être accusé d'être l'assassin.  Un véritable climat de suspicion est  mis en place. Nous pouvons voir par  exemple  dans M le Maudit  un  homme accusé  à tort d'être le  meurtrier après  avoir parlé à une  fillette. Très rapidement,  une foule  l'entoure. Obnubilée, la foule semble ne pas pouvoir être arrêtée. Le bouc émissaire est tout trouvé. Elle veut à tout prix arrêter celui qu'elle considère comme meurtrier. Cet homme, seul face à tous les autres, ne peut  rien faire  alors qu'il  n 'y est  pour rien.  Dans ce  climat, la  société  est  prompte  à engager  une  véritable chasse à l'homme. Comme dans le film que produira plus tard Fritz Lang aux États-Unis : Fury.

 

   Sur les  images qui suivent,  nous comprenons très  bien ce que Fritz Lang  a voulu dire.  En effet, au départ, nous voyons un homme parler seul à seul avec une petite fille. Il n y a rien autour d'eux ; le champ de vision est clair. Les deux individus au centre de l'image ont beaucoup d'espace autour d'eux.

 

Puis, dans la seconde image nous ne voyons alors plus que l'homme. La petite fille a disparue du champ de vision. Mais, l'homme n'est pas seul sur l'image. En effet, une foule d'individus l'entourent. L'homme paraît alors petit, au milieu des autres qui le regardent de haut. Le vide qui entourait les deux individus dans la première image a alors disparu. La foule a envahit cette espace et le spectateur ne peut plus voir qu'une masse noire qui entoure l'homme accusé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la ville de Berlin, tout le monde doute de tout le monde; on se suspecte même entre connaissances ou amis.

   Dans  ce  cas-là,  le cercle d'amis  appartient sûrement à  la  petite bourgeoisie  berlinoise.  On  se suspecte. On s'accuse  les  uns  les  autres. On  s'exclut  comme  dans  la  ronde  initiale  des  enfants  au  bas  de  l'immeuble.

 

   En effet, nous pouvons  d'ailleurs remarquer  que dans la  première image, nous  voyons tous les  amis en train de discuter, nous pouvons  ici observer un plan  large ou tout le monde est assis et a l'air calme. Mais dans la  seconde image nous  voyons que cet homme  est   seul  sur  l'image.  Cela  signifie qu'il est seul contre les autres et que leur groupe  n'est  plus là  car  ils  ne  se  font  plus  confiance et qu'il a été exclu. Enfin, cet individu n'est plus assis et a l'air énervé ce qui nous démontre bien que le climat qui régnait était très mauvais.

Cette scène fait d'ailleurs penser à une oeuvre de Georges Grosz comme nous l'a montré Marie Pierre Lafargue. Il s'agit des Piliers de la société -1926.  (On peut noter au passage que le personnage de juge à l'arrière plan ressemble beaucoup à l'un des personnages de l'Opéra de Quat'sous de Bertold Brecht que nous avons eu la chance de voir représenté au Berliner Ensemble à Berlin

 

 

Par ces  moyens,  Fritz  Lang  nous  montre,  simplement à cause  d'une discussion avec une  petite  fille, que l'homme accusé est devenu la proie de tous les autres individus et que face à eux, sa parole n'a aucun poids.

I)- M le Maudit : Un film représentatif de l'Allemagne des années 30

A la fin du film, on voit alors une chasse à l’homme et des violences généralisées : cela nous montre bien dans quel climat se  trouve  l'Allemagne  durant cette période.  On sent notamment  une  difficulté à accepter la différence, encore plus  lorsqu'elle  fait  peur.  Dans  un  contexte  de  crise,  on voit la capacité d'une société à exclure sans essayer de comprendre parce que l'autre n'a pas les mêmes valeurs et ne ressemble pas au reste de la masse.

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